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DERNIÈRES
NOUVELLES DE L’ÉTERNITÉ ET DE L’IMMENSITÉ
Les physiciens nous étonneront toujours. L’idée
lumineuse leur est venue de s’enterrer pour nous éclairer sur l’âge
de l’éternité, sur la taille de l’immensité,
sur l’espérance de vie de l’univers. Autant de questions
qui blanchissent nos nuits et nous harcèlent lorsque nous sommes au travail.
On nous avait déjà dit que le début de l’univers
avait été précédé par un « big bang
». Ce qui a explosé, c’était déjà quelque
chose. Un immense presque rien qui était peut-être là depuis
longtemps. Sans doute avait-il déjà vécu sous bien d’autres
formes.
Conformément à leur longue tradition, les physiciens fractionnent
la difficulté de connaître « en autant de parties qu’il
sera requis pour la mieux résoudre ». L’éternité
est si grande qu’ils se sont décidés à focaliser
leur énergie sur la toute première nanoseconde de l’univers.
Il faudra attendre encore un peu pour avoir les résultats de l’exploration
du reste. Des maladies de jeunesse retardent déjà l’avènement
de cet antique fragment d’éternité.
Les physiciens des particules ont des méthodes un peu barbares. Ils provoquent
des collisions entre des mobiles et contemplent les résultats de la casse.
C’est un peu comme si on bombardait un immeuble pour en déterminer
le contenu. Les gravats et les débris humains éjectés donneraient
une image quelque peu sommaire de la nature de l’homme et de son environnement
immédiat.
Le grand collisionneur qui vient d’être inauguré en grande
pompe va faire jaillir des particules et des associations de particules, plus
ou moins pressenties, plus ou moins éphémères, plus ou
moins compatibles, plus ou moins éclairantes sur la nature de la matière
et de l’univers. Plus ou moins utiles à l’homme. Et à
la femme que Dieu a mis aux côtés de l’homme pour lui donner
des idées, des ordres, des orientations, la direction à prendre
lorsque le GPS est en panne.
Le savant Higgs, père putatif du boson présumé qui porte
son nom, compte bien y retrouver et reconnaître son enfant.
Les astrophysiciens espèrent enfin y voir cette fameuse matière
noire qu’ils ont inventée pour donner tout son comptant de masse
à l’univers, sans déplaire à Newton et à ses
supporters.
Au moment de la mise en route de la grande baratte à particules à
flux contrarotatifs, la crème des physiciens semble douter quelque peu
de la solidité de ses conceptions de la matière, de sa discipline,
de la fécondité à attendre de leur gigantesque investissement.
Et nul ne sait s’il faut s’en réjouir ou s’en inquiéter.
Pourtant le sage se rassurera. Il sait que les folies doivent être purgées
et qu’elles portent parfois des fruits inattendus. Quels qu’en puissent
être les résultats, il fallait que cela fût fait.
Ce n’est pas la première fois que l’on cherche à étudier
les interactions des diverses formes de la matière, les interactions
de la matière et des rayonnements. Mais jamais un laboratoire de physique
n’avait atteint cette taille, ce coût, cette complexité,
ces énergies, ces vitesses, ces températures. Autour de cette
machine à graviter gravite déjà une nébuleuse ardente
de savants, d’ingénieurs, de techniciens à fort potentiel.
En nos temps de réfrigérante morosité, cela fait chaud
au cœur de savoir que tous brûlent d’impatience de surpasser
la chaleur qui règne au cœur du soleil.
Ainsi passés à la question, le microcosme et le macrocosme vont
devoir faire un effort de transparence pour apporter quelques réponses
au grand mystère de la création.
Il nous reste à espérer que l’univers physique nous sera
plus intelligible que l’univers politique. Nos cyclotrons parlementaires
opposent des flux d’idées qui tournent en sens contraire dans deux
hémicycles en état de vide partiel. Les chocs des idéologies
font quelques étincelles à la fois éphémères
et répétitives. L’énergie utile est fort insuffisante
pour éclairer le bon peuple. Elle ne change pas grand-chose à
la matérialité des situations. Ni à la facture d’électricité.
Envers et contre tout, le macrocosme a son secret, le microcosme a ses mystères.
Pierre
Auguste (Inspiré par Raymond Barre et Félix Arvers)
Le 1er octobre 2008
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